On parle de relâchement, ou de relapse, dans sa version anglaise. Avec l’arrivée de nouveaux traitements contre le sida, les gays se protègent moins.
PRES DE LA MOITIE (48,8 %) des homosexuels parisiens âgés de moins de 20 ans ayant appelé Sida Info Service l’an dernier font état d’au moins un rapport sexuel sans préservatif. Ce chiffre édifiant (il est respectivement de 38 % pour les gays de banlieue et de 28,7 % pour les provinciaux) est l’un des principaux enseignements de l’étude que rendra publique mardi prochain l’association Sida Info Service (*).
Rapports non protégés
Inquiétants, ces résultats corroborent les conclusions de l’enquête menée par l’Institut national de veille sanitaire (INVS) en 2000 auprès de 4 753 homos et bisexuels masculins. Selon cette étude publiée le 15 mars dernier, les comportements à risques sont en nette augmentation : près d’un quart (23 %) des gays ayant eu des partenaires occasionnels déclarent un rapport non protégé, contre 17 % en 1997. Le relâchement de la prévention (« relapse ») est, d’après l’INVS, « particulièrement net en Ile-de-France, chez les jeunes gays, les multipartenaires, les séropositifs ». Des comportements qui s’observent surtout chez les jeunes de moins de 25 ans et, de façon moins marquée, chez les hommes mûrs (30-44 ans).
Prévention défaillante
Modification de la perception du sida liée à l’arrivée des trithérapies ; insouciance des 18-25 ans qui n’ont pas connu les « années noires » de l’épidémie : les raisons ne manquent pas pour expliquer le relâchement des comportements. Vice-président d’Act Up, Arlindo Constantino ajoute que « la communication de prévention des pouvoirs publics en direction des homos est défaillante ». Quant au président d’Aides, Christian Saout, jugeant les campagnes du ministère de la Santé « trop timorées », il appelle à une « nécessaire remobilisation ». (*) Etude effectuée à partir de 8 250 appels reçus par Sida Info Service en 2000 et émanant d’homosexuels masculins.
